Discours du 7 mai 2007

 
Hier, les citoyens de notre ville nous ont dit qu'ils désiraient faire les choses autrement et mettre de côté un modèle de développement hérité du passé qui ne saurait ériger adéquatement le Sherbrooke de demain.

Bien entendu, nous sommes heureux des résultats, car nous croyons sincèrement que la destinée de Sherbrooke doit se construire sur des bases plus innovatrices, en concertation avec les gens du milieu, à la fois du monde des affaires et du monde communautaire.

Jamais un règlement de zonage n'aura suscité autant de débats, de conférences, de rencontres, de participation citoyenne, de passion et d'enthousiasme. Nous croyons que les Sherbrookois ont compris les enjeux du plan d'urbanisme.

Certes, le scrutin d'hier nous a été favorable, mais je crois sincèrement que la démocratie et Sherbrooke en sont les deux grandes gagnantes.

Je pense que jamais plus nous ne ferons à Sherbrooke de la politique de la même manière. J'ose espérer que le temps des menaces et des rancœurs est chose du passé. Je lance une invitation toute particulière à M. Jean Perreault. Monsieur Perreault, vous qui dites que « les leaders de Sherbrooke doivent cesser de travailler en silo », vous avez là une belle opportunité de démontrer votre ouverture et votre capacité de mobiliser des gens dans l'adversité.

Les derniers mois nous ont démontré que les groupes de la société civile veulent être partie prenante des décisions qui les concernent. Plusieurs associations se sont orientées autour d'un projet mobilisateur qui osait sortir des sentiers battus.
 
Ces différents groupes, nous ont sensibilisés à la réalité qui est la leur, à leurs craintes et à leurs espoirs. Grâce à leurs connaissances et leur expertise approfondie du terrain, nous sommes convaincus plus que jamais que chacune des décisions prises par la ville, doit nécessairement tenir compte des quatre principaux défis qui sont les nôtres, que ce soit pour un plan d'urbanisme où un schéma d'aménagement :
  • D'abord, reconnaître les défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés: le réchauffement climatique, les GES et la dégradation rapide de nos milieux naturels. Nous croyons que les principes du développement durable doivent s'inscrire en filigrane dans chacune des politiques de la Ville. Si les défis reliés au réchauffement climatique sont planétaires, les solutions se retrouvent au niveau local. En ce sens, nous croyons que Sherbrooke pourrait servir de modèle aux autres villes.
  • Aussi, tous les indicateurs économiques, en passant de l'OCDE à l'Agence de l'énergie internationale nous indiquent une augmentation vertigineuse du coût de l'essence. J'aimerais souligner qu'en seulement 7 ans, entre 1999 et 2006, le coût du litre d'essence à Sherbrooke a plus que doublé. Bref, nous devons diminuer notre dépendance au pétrole et à l'automobile.
  • Sherbrooke est la troisième ville au Canada où les salaires moyens sont les plus faibles. Il s'agit là d'un triste record et nous croyons qu'au développement commercial, nous devons opposer le développement industriel et des emplois structurants.
  • Finalement, Sherbrooke est une ville vieillissante. En 2011, pour la première fois depuis sa fondation, la proportion de nos aînés dépassera celle des nouvelles générations. Nous devons tout faire pour offrir à nos aînés la possibilité de vivre et de vieillir en toute autonomie dans leur quartier. À ce titre, l'achat local y joue un rôle essentiel.

Selon nous, ces quatre principaux défis doivent guider chacune de nos orientations collectives. Pour ces mêmes raisons, nous croyons qu'il serait impératif, dans l'élaboration du prochain plan d'urbanisme ou du prochain schéma d'aménagement, d'apporter les modifications suivantes :
  • D'abord, ne pas empirer la situation des commerçants de quartier et, pour cela, imposer un moratoire sur les grandes surfaces commerciales.
  • Établir une politique d'encouragement des commerces de quartier.
  • Mettre en place une véritable protection des zones d'intérêt écologique, notamment par le retrait définitif des boulevards Lionel-Groulx et Monseigneur-Fortier.
  • Transférer les argents des différents prolongements de boulevards dans les alternatives à l'automobile.
  • Proposer un plan de gestion du camionnage et des transports lourds.
  • Multiplier les marchés de solidarité dans chacun des arrondissements. Nous pourrions nous servir de l'expertise des AmiEs de la terre de l'Estrie. Une telle initiative rendrait nos quartiers plus conviviaux et aurait l'avantage de protéger la ceinture verte de Sherbrooke.
  • Proposer des objectifs précis en ce qui a trait au développement durable et surtout établir des critères de vérification.

Nous pouvons et nous devons, profiter de cette opportunité pour travailler ensemble, et faire les choses autrement. La Coalition continuera de sensibiliser la population aux enjeux liés au développement urbain.

Pour terminer, nous tenons à souligner qu'elle restera un organisme apolitique, neutre. En aucun cas et sous aucune condition, elle ne deviendra un parti politique municipal.

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